
Discours de bienvenue 2006
Discours de bienvenue de Carole Dekeijser aux élèves pour l'année 2006
Celles, le 5 septembre 2006
Élèves qui ont résisté aux années d'expérimentation de ma méthode empirique.
Cette méthode a beau être née sous le signe de l'intuition et de l'expérimental, elle s'est montrée efficace à en juger par les résultats obtenus au bout de seulement une centaine d'heures pour certains et encore moins pour d'autres.
Je n'ai pas pour habitude de faire des bilans, ce n'est pas ma tasse de thé. Cependant celui-ci s'impose comme un nez au milieu du visage.
Votre assiduité et votre engagement ont fait en sorte que mon utopie d'hier devienne réalité aujourd'hui : à savoir que tout le monde sait dessiner. Je me permets de vous en féliciter. Car sans votre totale confiance, jamais je n'aurais pu vérifier que j'avais raison sur ce point comme sur d'autres qui y sont directement liés. Je vous remercie d'être là et par votre présence de réitérer cette marque indispensable à l'achèvement de cette réalité.
Tout le monde sait dessiner et peindre, il ne s'agit que de lever les préjugés qui emprisonnent nos esprits et par la même notre possibilité de faire.
Pour ce qui est de la confiance, il s'avère qu'en fin de compte, c'est l'élément clef de cette réussite. Vous me l'avez accordée probablement plus qu'à vous même et je vous l'ai rendue du mieux que je le pouvais.
A aucun moment vous ne m'avez montré que vous doutiez de moi, même si parfois vous vous posiez des question sur le bien fondé de mon jugement envers VOS capacités
A aucun moment je ne me suis permise de douter de vous, même s'il m'est arrivé de douter de ma capacité à réaliser cette idée : de faire dessiner des personnes qui prétendent ne rien y entendre.
Je vous remercie d'avoir cru en moi comme je crois en vous.
L'étape suivante est primordiale.
Il s'agit pour vous comme pour moi si ce n'est d'inverser les choses, d'en retirer un nouvel esprit. SE FAIRE CONFIANCE à SOI-MÊME est le seul moyen de libérer nos fais et gestes et d'accéder au savoir faire, voir à ce que nous savons et que nous ignorons.
Rappelez vous de ces nuages dans lesquels notre esprit vagabond s'amuse à y retrouver des images qui n'y sont que parce que notre cerveau les connaît et les restitue dans les ombres et lumières de ces amas d'eau flottants qui passent au dessus de nos têtes.
La seule clef pour accéder à cette mémoire fantastique, est la confiance en soi.
Vous m'avez fait confiance avant que de croire en vous,
Aujourd'hui je vous demande de vous accorder ce que vous m'avez donné sans crainte.
C'est, je le concède, ce que nous avons le plus de mal à faire. C'est : ce qui nous bloque en beaucoup de choses.
Je tacherai donc en cette année nouvelle de remédier à cela, du mieux que je le peux, à travers vous. Pour vous et moi.
Vous donner confiance en vous est le but que je poursuit en fin de compte depuis le début sans avoir idée même que c'est bien de cette clef qu'il s'agissait de trouver. Bien que je m'en doutais un peu. Je n'ai cependant que suivis mon intuition et cela est important ma réflexion n'a servit qu'a soutenir cette intime conviction intuitive.
La raison ne peut que servir l'intuition. C'est le chemin vers ce MOI débarrassé de ce qui n'est pas lui et enrichi du savoir qu'il possède déjà.
Pour nous acheminer vers cette réussite, que je veux, in-controversable, nous marcherons donc sur deux jambes. Et comme tous les pas ressemblent aux autres pas, pour que ceux-ci soient différent des précédents, il est nécessaire que vous acceptiez cette idée de vous offrir à vous même la confiance que vous m'avez donnée les autres années en acceptant que pour vous faire avancer plus encore, je sème sur votre route les obstacles nécessaires.
Ainsi chaque pas sera différent des précédents et apportera son lot d'évolution possible vers l'Art.
Art, étymologiquement ne sous entend que : celui qui Fait.
Nous cheminerons sur le chemin de l'humilité et chercherons la sagesse pas uniquement en nous mais à travers la technique mise au service de notre ressenti personnel pour que notre art soit bien le notre.
Nous aborderons différentes techniques avec différents artistes. Pour que le dédale de possibilités qui s'offre à nous ne nous dévie pas de notre voie personnelle il est nécessaire d'explorer ces voies. De telle sorte que l'on sache si l'une d'entre elle ne serait pas la bonne pour nous.
Ce qui ressortira de là est que le labyrinthe de chacun est différent. Il est possible qu'une voie sans issue pour l'un, en amène un autre au centre de son propre labyrinthe. La Jérusalem céleste en est bien le centre mais le chemin pour y arriver est différent pour chacun.
Mon travail est de vous proposer ces différentes voies et de vous aider à en retirer un maximum pour vous tout en vous avertissant qu'elles ne mènent pas toutes au centre ou à vous mêmes.
Ce que nous chercherons comme les autres années c'est ce centre qui en plus à l'instar de l'univers est différent d'où que l'on regarde.
C'est ici que l'humilité soutient l'égocentrisme nécessaire au développement de l'art pour le différencier de la pratique artistique.
Nous aborderons le modèle vivant, de ci, de là, pour que nous puissions aimer à travers lui, sans complaisance, l'humain dans l'harmonie de ses qualités et défauts qui souvent nous interpellent en nous même et ne reflètent que ce qui nous échappe : la Vie.
Nous sommes à la Vie ce qu'est l'art abstrait au peintre et la Vie est à l'univers ce que nous sommes à la Vie : cette chose merveilleusement complexe qui lui échappe mais qu'il attendait.
Ensemble nous apprivoiserons ce que nous craignons en nous : les ombres.
Ensemble nous nous protègerons de ce qui nous fascine et nous aveugle : les lumières.
Nous en retirerons les volumes et les matières qui sans ces deux phénomènes n'existent pas pour nos yeux.
Nous apprendrons à oublier ce que l'on sait pour s'ouvrir à ce que l'on voit.
Nous apprendrons à analyser ce que l'on voit en se rappelant de ce que nous savons.
Aimer quoi que l'on dessine c'est s'ouvrir à la proposition que nous recelons, c'est s'ouvrir au lâcher prise mais aussi à la discipline et au progrès avec ordre et méthode même si cette dernière est intuitive.
Faire rentrer l'instinct dans notre volonté et la volonté dans notre maîtrise débouche sur le lâcher-prise propice à la poésie de notre âme.
La poésie est la seule faculté mentale qui permette de concevoir autrement le monde et peut-être d'y entrevoir ce qui est contenu en lui. L'art ne servant pas à reproduire le visible mais à rendre visible, nous rendrons visible l'invisible. Il nous faudra donc utiliser de plus en plus conjointement les deux hémisphères de notre boite grise avec humilité et égocentrisme.
Comme toujours, je respecterai la personnalité de chacun dans les limites de mes possibilités.
Si parfois je semble vous délaisser, sachez que rien ne m'échappe et que toutes mes attitudes sont dictée par une écoute profonde de votre état et induites par vous mêmes dans la voie que vous avez choisie ou qui s'impose à vous.
Mon seul but, l'unique raison de ma présence ou de mon apparente absence est votre épanouissement à travers l'art du dessin.
Le dessin, comme un art martial, permet de se recentrer sur sois-même tout en s'ouvrant au monde extérieur, c'est même une condition ciné coi none.
La quintessence de cet acte de vie se couronne et prend tout son sens à travers l'exposition finale du travaille au regard du spectateur et la confrontation à autrui. (Ce que vous faites déjà très bien)
L'idéal que je poursuis dans ma méthode est de vous rendre autonome.
Si je ne vous ménage pas et ne vous explique qu'après mes actes, cela fait partie de votre autonomisation.
Je ne calcule pas entièrement mes actes de plus je le rappelle il me sont dictés par vos besoins. Les besoins de l'esprit priment sur vos besoins techniques.
Ce n'est pas la technique qui va vous amener à savoir dessiner, mais votre état d'esprit.
Je dois libérer celui-ci d'une quelconque main mise sur lui, même de la mienne !
Lorsque je feints de ne pas vous voir, c'est que je sais que vous avez tout ce qu'il faut pour trouver la réponse à votre questionnement, mais aussi que vous avez si nécessaire tout ce qu'il faut pour attirer l'attention d'une autre façon que par la dépendance de celui qui sait. Votre recherche personnelle induira plus mes conseilles que le fait d'attendre tout de moi.
Une erreur est utilisable, alors que l'inertie débouche sur le néant.
Un « maître » précède de loin celui qu'il guide de tout près.
Un « élève » ne peut découvrir que par lui-même ce que ce maître veut lui faire entrevoir, c'est à dire l'élève lui-même.
C'est Il faut le reconnaître, frustrant mais plus efficace.
Il est vrai aussi que si le labyrinthe de chacun est différent je ne suis pas la seule solution pour montrer la voie qui mène à son centre.
Je me soucie plus en permanence de ne pas vous enfermer dans une explication qui ne serait que la mienne et uniquement la mienne et donc par essence réductrice de vos possibilités.
Nous sommes tous différents, nous sommes 6 milliard à n'avoir en commun que notre différence mais ce que je sais est que nous avons tous un potentiel à développer.
Et, lorsque face à un problème, notre cerveau affiche le néant, c'est uniquement parce qu'il indique qu'il est apte à accéder à une autre conception qu'il renferme déjà.
C'est ce moment qu'il ne faut pas rejeter en attendant la solution de l'autre.
C'est le moment de ne pas déléguer à l'autre le pouvoir d'insuffler une réponse qui ne serait que la sienne.
C'est le moment de lâcher prisse quitte à ne rien faire, mais de s'ouvrir à la nouvelle proposition.
Le chemin du lâcher prise est plus difficile pour certains que pour d'autres. Mais sachez que jamais je ne suis indifférente ou inattentive.
Ceux qui semblent les plus abandonnés sont, il est vrais, ceux qui me posent le plus de problèmes. Car, en tant qu'être qui supporte difficilement l'impuissance, ce sont eux qui pour ma chance me renvoient à l'obligation de ne pas intervenir et de LAISSER FAIRE.
Art : celui qui fait.
Quoi qu'on en pense je ne puis que vous conseiller qu'en matière de technique pour ne reste, je peux juste rester une énigme permanente que seule votre envie et volonté de comprendre, mènera à vous-même.
Si vous acceptez ce principe de base vous atteindrez l'Art de laisser faire en vous ce qui peut être fait.
Je sais que vous ne me déléguez que la faculté de vous mener à vous et cela est bien, mais mon silence fait partie de cette tâche.
Je suis là pour développer en vous la capacité de vous tourner vers votre intuition et votre logique pour communier avec la métaphysique contenue en chacun de vous.
Je suis là aussi pour vous donner ce que je n'ai pas eu, une main pour tenir la mienne.
Ma main tiendra la votre, mais allez savoir quand des deux, c'est la mienne ou la vôtre qui guide l'autre.
Ce que je n'ai pas eu est aussi ce qui m'a faite et je lui en rends grâce. C'est pour cela qu'à certains moments je me dois de ne pas être là.
Si certain mettent plus de temps que d'autres pour se rejoindre cela ne peut induire aucun jugement de valeur, de qualité ou de défaut.
Gardons nous de nous juger : juger c'est arrêter de comprendre et cela freine d'avantage notre évolution.
La possibilité de dessiner est en chacun de nous mais les résistances le sont aussi. Nous sommes complexes et contradictoire sachons l'utiliser.
Souvent la difficulté de concevoir est liée à la complexité féconde de notre esprit qui ne sait par où se prendre.
Félicitez vous donc de cet état et ne jugez pas vos hésitations ou vos blocages.
Si au contraire vous avez facile, félicitez vous de cela aussi et attendez avec impatience la difficulté suivante.
Ma présence ou mon absence suis scrupuleusement ce que vous m'intimez de faire du moins c'est ce que je tente de faire.
J'entend vos rares reproches mais d'année en année j'entend aussi votre reconnaissance de ne pas vous avoir donné une solution facile qui vous aurait privée de la vôtre.
Le chemin vers l'art, ou vers son savoir faire est d'autant plus difficile qu'il est intransigeant et exige tout de soi pas de « l'autre. »
Heureusement qu'avec notre évolution naît la compassion et l'envie d'en savoir toujours plus.
Si vous rencontrez une difficulté ne restez pas assis, levez vous, promenez vous à l'écoute de ce que je dis aux autres.
Si vous vous ouvrez à votre besoin, dans ce que je dis, vous entendrez la solution. Puisque malgré tout, chacun de nous passe par des difficultés similaires.
Ma philosophie ne peut être que la mienne, et que vous le vouliez ou non, si vous y adhérés ce sera par votre choix et non par soumission.
Mon absence à l'exposition de Hour est la quintessence de cette pensée : la recherche de votre autonomie et ce malgré mon envie d'être parmi vous.
Car vous êtes le fleuron de ma joie et de ma fierté.
Lorsque je découvre vos œuvres accrochées et en cadrées dans une exposition libre je me dis que j'ai réussi, que nous avons réussi a franchir le cap le plus difficile, celui de l'autonomie.
Je vous félicite, car votre travail peut dors et déjà s'aligner sur ce qui s'expose actuellement tout en se différenciant positivement en accord avec l'humilité et l'égocentrisme.
Bravo.
Je vous demande de réfléchir à un Week-end qui serait libre pour accueillir le stage de l'aquarelliste le plus énergique qu'il m'ai été donné de rencontrer et qui saura par son entrain vous communiquer sa technique et sa bonne humeur. Je veux parler de monsieur Dossche qui réalise des aquarelles de 20 mètres de long en seulement 20minutes, cela nous changera.
C'est le but.